Page de Garde

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. . . . . . . .Type : . Roman
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EARLIE
STORY
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.......... Nom de code / Auteur : 81.50.31.90 10.

© 81.50.31.90 10.41.60.51.91.91.51.

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# Posté le jeudi 17 mars 2005 15:46
Modifié le mercredi 15 mars 2006 07:00

... Chapitre I ...

____________CHAPITRE I

______Ici, c'est comme ça que ça se passe : pour exister, vous avez besoin de deux atouts majeurs ; vous devez être beau et vous devez être populaire. Tous les autres restent dans l'ombre.
______Je n'ai pas existé pendant des années : j'étais spectateur de la vie des autres, consommateur de ce qu'ils pouvaient en tirer, et j'observai ce qui se passait autour de moi sans participer et sans me faire d'illusion. Mon meilleur ami, César, lui se foutait de tout ça. Un type très amer.

______L'histoire que je vais vous raconter est la mienne. Celle d'Earlie Styx, 14 ans. Je ne vous ferai pas plus de description sur moi pour vous laisser la chance de m'imaginer à vos souhaits. Mais trêve de plaisanterie, passons tout de suite à l'histoire. Tout commence à la rentrée des classes, le 8 septembre 2005.

______Début de matinée douloureux. Mes paupières luttent contre la courte nuit encore toute proche. Je me dépêchais de m'habiller, de manger, je ne voulais en aucun cas commencer cette nouvelle année en retard. Descendre à la hâte les escaliers, faire la bise à maman, puis partir pour les études. J'espérais laisser derrière moi l'affreux souvenir de l'année passée.
______Je passai prendre Emma, sans bonjour ni rien, on se croirait à la garderie. Emma était ma voisine de quartier. Je dois dire que ça fait pas mal de temps que l'on se connaît. Peut-être bien cinq ans. Mais je ne l'ai jamais vraiment connue. C'était une fille d'une quinzaine d'années, d'une beauté un peu triste, aux cheveux blonds lissés, et que le vent faisait souvent survoler comme des fils de soie. Ça lui donnait un aspect glamour. C'était véritablement une très belle jeune fille.
______Dehors, sous la pluie, nos vestes se transformaient en éponge sur le chemin du lycée. Place Sainte Marguerite, les lampadaires viennent de s'éteindre et je passe sous le regard gênant de la statue, regard qui me suit maintenant depuis plus de quatre ans. Je piétine les flaques boueuses de mes lundis. Et la matinée passe, dans un doux brouillard de pensées, atténuées par les valeurs apprises en cours.

______La journée ne fut pas bien intéressante. J'ai fait la connaissance d'une certaine Nina Bilty, elle vient d'Allemagne, elle me racontait toutes les folles aventures qu'elle avait vécu là bas. Pas très passionnant, mais je ne voulais pas laisser filer l'occasion de me faire une amie. Aussi, je la raccompagnais chez elle le soir en revenant, vu qu'elle habitait tout près de chez moi :
______- Tu ne devais pas récupérer ta voisine ? me demanda-t-elle sur le chemin du retour.
______J'avais oublié, à croire que ses « chroniques » étaient assez déroutante pour me faire oublier ça.
______- Oui c'est vrai, tu as raison.
______Je m'efforçai d'avoir l'air gentil avec elle car malgré tous ses bavardages insensés, elle me paraissait bien sympathique.

______17 heures, la nuit s'apprêtait à tomber, plongeant les rues dans un brouillard bleu gris, et la rue dévoilait lentement ses multiples lumières et enseignes néons. Il faisait froid.
______Je marchai dans une flaque de boue. Je me reconnaissais bien, ça me mettait vraiment hors de moi. Dès que je rencontrais quelqu'un de bien, il fallait que je fasse bonne impression, et je gaffai. Elle ne manqua pas de le souligner :
______- Tu as marché sur une flaque...
______A croire qu'elle me prenait pour un débile. Sur ce, je lui dis au revoir et rentrai chez moi.

______Ces temps-ci, la tendance était plutôt calme sur le plan visite. C'était trop beau pour durer. Emma est passé me voir ce soir :
______- Ça te dirai que l'on se voit demain soir ? m'interrogea-t-elle de sa voix niaiseuse.
______Elle voulait toujours qu'on se voit le soir d'après.
______- Pourquoi pas ce soir ? lui répondis-je.
______- Non pas ce soir, je sors avec Mike.
______Je lui demandai comment elle pouvait avoir rancard avec un abruti pareil. Elle disait qu'il avait des problèmes avec sa famille et qu'il fallait le réconforter. Peut-être qu'il en a, mais ça ne l'empêche pas d'être un abruti. Elle était pourtant sincère. Le problème chez les filles, c'est qu'elles défendent toujours les abrutis, elles inventent de fausses et plates excuses pour qu'ils s'intéressent à elles.
Je lui disais au revoir et à demain avant de lui fermer la porte au nez.

______Ce soir, encore des pâtes. Mon dieu, ce que ma mère peut se montrer si has been parfois...

______Bilan de la journée : j'ai marché dans une flaque de boue et je sors demain soir avec Emma.

______J'allais me coucher. Et comme tout bon samaritain qui se respecte, tous les soirs, j'enfilais mon traditionnel pyjama nounours. Tout le monde a eu un pyjama nounours dans sa vie. Mais personne n'ose en parler, sûrement de peur d'assumer le regard des autres. Moi j'assume : j'ai un pyjama nounours. Jaune même, c'est vous dire...
# Posté le vendredi 18 mars 2005 14:31
Modifié le dimanche 12 février 2006 14:57

... Chapitre II ...

______ ______CHAPITRE II


______7 heures du matin. Je me remettais de la courte nuit encore toute proche.

______8 heures. Je m'engouffre maussade dans le lycée.

______Je passai à côté de César. Pas même un sourire, juste " Salut, Earlie ! ". Depuis peu, il traînait avec cette équipe ; les Black Sox, l'équipe du lycée. Je ne le comprends pas, lui qui déteste le football, le voilà qui s'y consacre entièrement. L'équipe avait gagné plusieurs fois la Coupe de la région. Depuis, je pense que la célébrité leur monte à la tête. Toutes les filles étaient en extases quand elles passaient près d'eux. C'était comme un trophée qu'elles essayaient d'attendre, et celle qui le remporterait serait haïe par toute les autres.

______Emma vint me rejoindre dans le hall:
______- Tu as vu Mike hier soir ? lui demandai-je.
______Elle ne me répondit pas tout de suite.
______- Oui.
______- Vous êtes-vous ... amusés ?
______- Oui.
______Cette fille avait un sens de la conversation impressionnant.
______- Où êtes-vous allés ?
______- Patinoire.
______- Tu ne pourrais pas faire des réponses plus complètes ?
______Elle commençait à m'énerver. Elle ouvrit grand les yeux, on aurait dit qu'elle avait vu une de ces célébrités médiatisées comme Brad Pitt.
______- Mike ! Je suis là ! commençait-elle à crier.
______Et elle courut le rejoindre.
______Mike était un vrai salaud. Pendant deux ans nous nous sommes côtoyés. Je le pensai différent, mais il n'était finalement qu'un parmi la longue chaîne des égocentriques-possessifs. Il n'est pas à plaindre, pas mal de filles l'adore, pour ne pas dire qu'elles l'aime. Ça avait commencé un matin ; une fille était venu lui dire bonjour et lui avait dit qu'il sentait bon. Et tout est parti en dégringolant, on ne lui faisait plus que des remarques telles : " Qu'est-ce que tu es beau aujourd'hui ! " ou encore " J'adore ta coiffure ! ". Les filles étaient vraiment ignares. Contrairement au idées reçues, elles ne jugent qu'au physique. Si vous pouviez savoir comment elles s'en fichent de sortir avec Gandhi II. Elles ne veulent que le garçon le plus beau, le plus populaire pour devenir leur " fiancée ". Je suppose qu'elles veulent elles aussi avoir le bonheur de connaître la célébrité.

______Me voilà tout seul dans le hall. Je scrutai l'horizon pour trouver Nina. Cette fille me plaisait finalement bien. Mais alors que je guettais son arrivée tel un fauve qui surveille son gibier, j'eus un choc. Comme si l'on m'avait poussé dans les escaliers. Pourquoi ne l'avais-je pas vu plus tôt ? Cette fille entra dans le lycée. Elle avait une de ses démarche, peut-être avait-elle concourut pour une école de mannequins. Elle devait être plus âgée que moi, à en juger par ceux de ses amies. Elles avaient l'air d'être la petite bande de domestiques ignares, et leur déesse était au centre du groupe. Elle était magnifique ; ses cheveux étaient bruns, légèrement bouclés, elle avait d'éclatant yeux bleus, des dents blanches comme de l'ivoire : son sourire me faisait fondre. On aurait dit que cette fille était née pour me plaire. Elle portait une mini-jupe joliment sexy : ça lui donnait un aspect naïf. Elle portait un de ces chemisiers que l'on trouve dans les grands magasins très sobres, mais celui ci semblait exceptionnel.
______Mon Dieu, ce qu'elle était belle !
______Serais-je entrain de tomber amoureux ? Non, impossible. Je ne suis jamais tombé amoureux. Mais cette fille, qu'est-ce qu'elle me plaisait ! Il fallait que je lui parle. Juste pour au moins entendre le son de sa voix. J'allais lui sortir des choses du genre "Salut poupée, ça te dirait qu'on se voit un de ces soirs ? ". Elle arriva vers moi, j'étais prêt, j'allai l'épater :
______- Euh... bonjour.
______Oh, la gaffe.
______Elle me regardait maintenant d'un de ces airs qui vous rabaisse dès la première seconde. Je sentais mes jambes bouger toutes seules, elles devenaient toutes molles. Et je tombai, en plein milieu de la cour.
# Posté le samedi 19 mars 2005 03:24
Modifié le dimanche 12 février 2006 14:59

... Chapitre III ...

______ ______CHAPITRE III

______17 heures. L'après-midi est passée. Je rentre des cours avec Nina et Emma. Elle a les yeux bleus, Nina, je n'avais pas encore remarqué, c'est vrai qu'elle cache souvent son regard. Elle a des sortes de cheveux blond-bruns, ça les met en valeur. C'est dommage qu'elle ne fasse pas plus attention à elle, elle a du potentiel. Elle est vraiment jolie :
______- Earlie, commença-t-elle, on pourrait se voir ce soir ?
______Pas le temps d'ouvrir la bouche que ma voisine répliquais déjà :
______- Pas ce soir, il sort avec moi ce soir.
______« Ah... » laissait juste passer Nina. Elle avait l'air chagrinée, comme quand on vous apprend que votre meilleur ami sort avec celle qui vous fait chavirer.
______- Puisqu'on en parle, où veux-tu aller ? répliqua Emma. Le cinéma, ça me va très bien, on va au cinéma ? J'ai entendu parler de ce film qui est sorti, L'Ile Perdue.
______Cette fille peut être très persuasive quand elle veut. « Va pour le cinéma » lui répondis-je. Je ne voulais pas la contrarier. « Je passe te prendre vers sept heures »...

______La soirée s'annonçait plutôt bien ; j'arrivai enfin à me coiffer convenablement, et j'enfilai mon tee-shirt préféré. Emma était là à sept heures pile. Mon dieu ce que je peux détester les gens trop ponctuels. On dirait qu'ils n'ont rien à faire que d'attendre que l'aiguille soit arrivée au douze pour sonner devant chez soi.
______L'arrivée au cinéma s'est passée sans incidents. Juste le temps de prendre nos billets et me voilà rentré dans la salle, le bras tiré par Emma. Nous allons donc vers le premier rang, elle veut toujours être au premier rang. Elle me disait qu'elle se sentait « dans » le film. Peut être qu'elle le serait, mais ça n'empêche qu'on a les yeux gonflés comme deux ballons à la fin de la séance.
______On était en avance. On était trop en avance ; le film commençait à 19h30 et il était 19h15. J'allais avoir droit à une discussion des plus intéressante, il faut bien tuer le temps. Je préférais choisir moi même un sujet pour ne pas me re-farcir les péripéties de son oncle ou de sa tante en Afrique :
______- Comment c'était ton tête à tête avec Mike, hier soir ?
______J'aurai pu trouver mieux comme sujet, on fera avec.
______- C'était fabuleux, il m'a emmenée à la patinoire. Au début, je ne pensais pas vraiment m'amuser. Mais si tu savais comme il est génial ! Pendant un court instant, je m'étais imaginé que cette banale rencontre allait se terminer en une belle histoire d'amour comme on en voit dans les films. Qui se serait douté que je tomberai folle amoureuse de lui !
______Et la voilà partie dans une conversation des plus élogieuses sur l'élu de son c½ur. Elle parlait de ses habits, en passant par ses cheveux et ses yeux. « Je n'y pensai pas mais je voyais bien que derrière son sourire charmeur se cachait quelque chose d'imperceptible, son côté mystérieux ». Mon dieu, ce qu'elle pouvait m'énerver. Je l'arrêtais net :
______- Arrête, je te dis tout de suite, je n'ai pas envie de parler de lui.
______Soudain, son visage s'assombrit. On aurait dit qu'elle était face à la mort. Mais elle reprit vite ses esprits ; un sourire angélique aux lèvres, elle se pencha vers moi et elle me dit de cette voix harmonieuse, au timbre si noble :
______- Et toi, quelqu'un t'intéresse, par hasard ?
______- Il y a cette fille, Nina m'a dit qu'elle s'appelait Courtney Dicks. Tu vois qui c'est? Elle me fait chavirer, tu la connais ?
______- Oui ! Courtney, bien sûr je vois qui c'est, nous étions en primaire ensemble. Une très bonne amie, elle a perdue son père, tu sais. Elle est vraiment épatante comme fille, dommage que tu ne l'ais pas connue plus tôt.

______On aurait dit qu'elle me narguait. Elle devait aimer faire ça. Je n'avais aucune envie de continuer sur cette voie.
______- Je vais y aller moi.
______- Tu pourrais me rapporter des chips ?
______- Tu ne vois pas du tout ce que je veux dire.
______Ce qu'elle pouvait m'agacer quand elle s'y mettait. Je n'avais aucune envie de rester.

______« Tu me prends trop la tête, j'en ai marre de t'entendre parler de lui » dis-je. Mon dieu, elle sauta au plafond quand je lui dit ça. C'est normal. Aussi, je me lançais dans de folles excuses, mais elle ne voulut pas les accepter. Elle en pleurait, même.
______- Sans blague, je m'excuse.
______- Tu t'excuses ? Tu t'excuses. C'est très drôle. dit-elle.
______Elle était encore en train de pleurer. Et tout à coup, je me sentais maintenant effectivement désolé de lui avoir dit ça.
______- Je ne te connais plus, Earlie. Tu as changé, depuis plusieurs mois.
______Le problème, quand on est honnête avec quelqu'un, c'est qu'il le devient lui aussi. Ça, je n'avais aucune envie de l'entendre. La suite, vous ne voudrez jamais me croire.

______Je n'avais pas réalisé tout de suite que Mike était à côté de nous. ______Le voilà qui me dévisageait, me rabaissait en un seul regard. Il devait se trouvait à côté depuis un bon bout de temps, à nous écouter.
______- Emma, qu'est-ce qu'il t'a fait ?
______Si vous saviez comme j'étais mal à l'aise, toute la salle nous regardait.
______- Ce n'est rien. Rentrons... Je ne sais même plus pourquoi je suis venue ici...

______J'étais maintenant tout seul, dehors. Il faisait froid, la nuit s'apprêtait à tomber. Je regardai ma montre. 8 heures. Ça n'avançait pas. Je m'ennuyais à attendre seul, ma mère qui devait venir me chercher. Aussi, je regardai le paysage ; la ruelle, sombre et étroite, descendait sur une vingtaine de mètres avant de se terminer sur une impasse, contre un mur. L'aurore éclairait le sommet de la montagne. Quelques pâles rayons glissaient sur la surface du lac. Personne ne connaît son nom, peut être simplement qu'il n'en a pas. Sa surface semblait métallique ce soir. Ma mère arrivait, interrompant ce court spectacle d'automne.
# Posté le mercredi 23 mars 2005 09:41
Modifié le dimanche 12 février 2006 15:02

... Chapitre IV ...

______ ______CHAPITRE IV

______ 9 heures, jeudi matin. Je quitte le cours de français de Mme Becker. Cette femme, Mme Becker, est très spirituelle. Elle a une vivacité d'esprit incroyable, de la finesse, et de l'intelligence. Malgré son âge, certes quelque peu avancé, elle a une capacité étonnante à se faire respecter des élèves. Chaque jour on en apprenait un peu plus sur sa vie ; elle avait été comédienne, puis photographe pour finir cloîtrée dans un établissement scolaire face à des élèves qui ne lui portent aucun intérêt. Je déteste ça, comment une personne ayant autant d'expériences professionnelles peut tomber dans l'oubli le plus total ? Un élève lui avait dit avec candeur : « Offrez-leur de l'argent, ils vous reprendront sûrement ». Mme Becker eut un rictus : « Ça c'est un mythe raconté par le capitalisme mondial pour nous faire travailler et rapporter des sous à l'état ; l'argent ne résout pas les problèmes ». Ce qui était étonnant, pour une dame de son âge, c'est qu'elle n'était pas sénile du tout, elle a une mémoire extrêmement développée.

______ La matinée s'annonçait froide. Je descendais les marches du couloir pour rejoindre la salle de cours de l'heure d'après.
______ Je n'avais pas réalisé tout de suite que Courtney Dicks se tenait devant moi, elle me regardait en souriant, jamais je n'aurais pensé qu'elle m'adresserait un jour la parole, et pourtant : elle s'approchait vers moi, je pouvais sentir son doux parfum des îles :
______ - Salut, commença-t-elle d'un ton dubitatif. Emma m'a dit que ça te ferai plaisir de me voir un de ces jours, je suis assez partante, si tu n'y vois pas d'inconvénient !
______ Je sentais ma gorge se contracter devant la beauté presque imperceptible de la sublime Dicks. Mon cerveau stockait trop d'informations en même temps ; elle me parlait, j'entendais sa voix, elle me regardait, elle avait des yeux bruns, et maintenant elle m'invitait à sortir. Je n'arrivais même pas à faire sortir ma voix, j'étais sous le choc. J'étais en train de tomber amoureux, c'était inéluctable. Je pouvais rester là des heures juste pour l'entendre respirer, je pourrais passer ma vie dans ce doux abandon, je pourrais rester perdu dans ce moment à jamais. Je ne voulais pas fermer les yeux, j'étais en train de vivre ce qu'on appelle un amour fusionnel.
______ - Ça ne me déplairais pas, j'aimerais aussi te connaître un peu plus.
______ - Tu aimerais m'accompagner au cinéma ?
______ Elle avait la paupière qui sautait. Inutile de vous dire que j'avais gardé un mauvais souvenir de mon expérience de la veille, mais mieux valait tenter le coup. Je regardais sa bande de copines qui guettaient mes moindres faits et gestes derrière elle.
______ - Ne t'inquiète pas, elles ne seront pas là.
______ - Non euh... Enfin oui, on se donne rendez-vous là bas demain soir alors, d'accord ?
______ « Pas de problème, à demain ». Elle m'avait laissé bouche-bée en plein milieu du couloir. J'espérais lui avoir fait bonne impression. Je commençais à marcher. Est-ce que cette soirée se passerait sans incident ? Un célèbre écrivain a dit : " L'amour est le fait de resserrer le monde sur une personne ". C'est une description de l'amour que je trouve très intéressante, il est vrai que la personne aimée représente le monde, et que ce dernier se concentre autour d'elle.
______ 9h05. Mon portable vibre, je le sors de ma poche. Quelqu'un m'a envoyé un message, je ne connais pas le numéro. Je me mis à le lire, il disait : " Rdv derrière le lycée. Courtney ". Elle m'avait écrit ! Emma a du lui passer mon numéro...
9h13. Je me tenais devant le grillage de derrière. J'allais arriver en retard pour mon cours de biologie. Mais je ne m'en souciais pas, tout ce qui m'importait, c'était elle. Mais elle, n'était pas là. M'aurait-elle vraiment donné rendez-vous ? Etait-ce vraiment elle qui m'avait écrit ? Rongé par le doute, je décidais de retourner en cours. Aussi, je me retournais. Mais au lieu de continuer mon chemin sans me poser trop de questions, je restai figé sur place. Je me trouvais en face d'une maisonnette pas plus grande que ma chambre, sans fenêtres, juste une porte en bois. Je ne l'avais jamais remarqué, je ne sais depuis combien de temps elle se tenait derrière notre lycée. Pris d'un curiosité insupportable, je ne pouvais m'empêcher d'ouvrir la porte.

______ Il faisait sombre dans le pièce, mais j'arrivais à distinguer les contours des meubles abandonnés parmi les détritus et les gravats qui jonchaient le sol. J'évitais de me salir, au cas où je retomberais sur Courtney pendant la journée. Un chat noir était assis sur une table couverte d'un tissu noir. Deux bougies, noires également, étaient allumées de part et d'autre d'un miroir sur le mur du fond. Je passai la main dans mes cheveux. Je regardai ma montre. 9h15. Une voix me fit sursauter :
______ - Je peux t'aider ?
______ Je fis brusquement volte-face et me retrouvai nez à nez avec un homme d'une trentaines d'années. Il me souriait. Il portait un costard bleu marine ce qui renforçait l'aspect inquiétant de cet inconnu.
______ - J'allais partir, justement. Je me suis égaré et je me demandais à qui pouvait appartenir cette cabane.
______ Je m'efforçais de ne pas faire vriller ma voix. J'avais peur, il fallait que je m'en aille. L'homme semblait faux, il semblait vouloir se cacher, il fixait quelque chose derrière moi. Il n'osait presque pas me regarder dans les yeux. Je commençais à m'éloigner et l'entendit agiter derrière moi un récipient rempli de liquide. Et avant que j'eus le temps de comprendre, un chiffon de coton s'abattit sur mon visage.
______ Je tentais de me débattre mais une pression trop forte me maintenait en place.
______ J'avais l'impression que des flammes jaillissaient de ma gorge.
______ Mon esprit se perdait dans un torrent d'images. Certaines se rapportant à Courtney.
______ Mes poumons me brûlaient terriblement.
______ Puis plus rien.
______ Le noir total.
______ Il était 9h17.
# Posté le mercredi 30 mars 2005 10:06
Modifié le dimanche 12 février 2006 15:04